http://www.wikio.fr

Récemment, j'ai eu un entretien pour un poste d'attaché de presse. Un entretien que j'ai perçu comme une bouffée d'air frais, un recruteur qui s'intéresse davantage à la personnalité et au potentiel qu'à la formation et aux expériences. C'est rare. Habituellement, j'ai plutôt des contacts avec des personnes qui pointent du doigt ma formation en langues qui ne me rend pas "légitime" pour un poste en communication ou en RP. Et mes stages en communication ? Et mon expérience de deux ans au poste d'assistante communication ? Et ma motivation ? Cela n'est pas suffisant pour prouver que j'ai le potentiel de travailler dans la com' ? Que je suis capable d'apprendre sur le terrain et d'assimiler rapidement ??

Ce recruteur m’a donné un « devoir maison » : 1 page manuscrite recto-verso sur le sujet de mon choix pour tester mes capacités rédactionnelles et ma motivation. Aucun problème ! J’adore écrire ! Sous 48h, j’ai écris la lettre manuscrite en choisissant comme sujet ma recherche d’emploi. L’article ci-dessous est un peu plus développé que ce que j’ai envoyé, place limitée oblige.


MA RECHERCHE D’EMPLOI :
réflexion sur les réseaux sociaux et sur la relation génération Y / recruteurs


Le processus de recherche d’emploi est souvent perçu comme un processus laborieux, fastidieux et éprouvant. « La recherche d'un emploi est considérée majoritairement comme une activité complexe: 84% estiment qu'elle requiert du "professionnalisme", 81% de "l'expérience", 47% la trouve "fatigante" (source : AFP). De nature curieuse, je profite de chaque événement, chaque changement, chaque expérience pour réfléchir et étudier l’impact de ces « petites choses de la vie ».Ainsi, j’ai décidé d’utiliser ce processus de recherche en tant que « sujet d’étude ». Plutôt que de « subir » cette expérience, je vais réfléchir à un moyen de la transformer en atout.

La conjoncture économique actuelle n’étant pas favorable, il est nécessaire d’assurer sa visibilité, de se différencier et d’attirer l’attention du recruteur qui sera submergé par de multiples candidatures. Cela est d’autant plus valable et primordial quand on recherche un poste dans la communication ! Comment prouver que l’on a les compétences nécessaires pour promouvoir nos futurs clients si l’on est incapable d’utiliser ces méthodes pour se « vendre » !

Pour communiquer sur soi-même, il faut commencer par déterminer ses atouts et ses faiblesses afin de se distinguer et de se positionner par rapport à ses concurrents, en l’occurrence, les autres personnes en recherche sur le même type de poste. L’objectif de cette réflexion est de dégager des outils, des méthodes, des canaux de diffusion et de communication qui permettront d’assurer sa visibilité et sa crédibilité auprès des recruteurs.

Inscrire sur son C.V et sur sa lettre de motivation que l’on est à l’aise avec les réseaux sociaux et que l’on a élaboré des recommandations de communication lors de ces expériences professionnelles ne suffit pas. Il faut le prouver ! D’autant plus quand on est en concurrence avec des étudiants disposant de diplômes en communication qui seront perçus comme plus légitimes pour le poste proposé.

 

I.                   Se différencier avec son C.V

Comment attirer l’œil du recruteur parmi les dizaines voire centaines de candidatures reçues ? Submergés, les recruteurs ont tendance à effectuer un premier tri en retenant uniquement les C.V correspondants en tout point aux critères demandés notamment la formation et le nombre d’expérience. Le fait de ne pas posséder de diplôme dans la communication est un handicap majeur dans ce type de cas. Il faut donc se différencier en mettant en avant son potentiel et sa créativité. Ainsi, pour résoudre ce problème, j’ai indiqué sur mon C.V un lien direct vers mon C.V interactif et mon book professionnel. Cela montre que j’ai entamé une réflexion, que j’ai passé du temps à  déterminer mes compétences et la manière de les mettre en avant, et que je maîtrise d’autres canaux de diffusion.

L’avantage de ce C.V interactif : je ne suis pas limitée à une page. Je peux me libérer des exigences traditionnelles et me montrer créative. Ainsi, j’ai mis l’accent sur les compétences acquises et mes réalisations que j’ai regroupé dans un book professionnel partagé via slideshare. Cet élément graphique attire l’œil du recruteur et prouve mes compétences.

« D'un document Word statique et personnalisé répondant à une offre d'emploi, les CVs sont devenus des profils plus généraux, vivants et en constante évolution, tels qu'ils sont présentés sur les réseaux sociaux professionnels de type LinkedIn et Viadeo. » (Source : JDN)

A noter l’initiative intéressante de, MOZAIK RH, cabinet de recrutement associatif, propose aux personnes en recherche de réaliser un CV Vidéo. Le pôle accompagnement vous offre un coaching personnalisé pour le réaliser. Une étude quantitative est en cours pour déterminer l’impact de ces C.V Vidéo, l’impact qualitatif est quand à lui très positif.

II.                Cultiver son réseau

Viadeo et Linked In sont de formidables outils de promotion pour les particuliers et les entreprises. Solliciter son réseau est essentiel pour être visible dans sa recherche. D’autant plus quand on sait qu’un pourcentage minime des offres d’emploi est publié sur internet, le reste est composé de candidatures spontanées et de réseautage : « trouver un emploi par son réseau est une des voies les plus intéressantes, car c’est souvent là qu’on trouve les meilleures offres d’emploi. Quand on arrive sur une annonce qui a été postée, cela signifie que l’entreprise n’a pas réussi à trouver par ses propres moyens quelqu'un de compétent ». (Jean-François Ruiz, consultant en communication). Non seulement, ces outils permettent de garder le contact avec des ex-collègues ou camarades de classe pour faciliter des échanges futures niveau business, mais on peut également avoir accès aux contacts de nos contacts, contacts qui pourraient devenirs nos clients, nos fournisseurs et, dans mon cas, mon futur employeur. De plus, cela permet de savoir qui est le N+1 dans telle ou telle société, ce qui est déterminant quand on envoie des candidatures spontanées.

La fonction « être présenté » est révolutionnaire, elle permet de se constituer un réseau puissant. L’APEC est d’ailleurs un précurseur dans ce domaine et propose un lien direct entre son compte APEC et son profil Viadeo. Cela permet de voir le ou les contacts, niveau 1 (contact direct), niveau 2 (contact d’un de nos contacts) et plus, du réseau qui travaillent pour la société ciblée.

Les groupes de discussion ou « hub » sont également un outil important permettant une mise en contact avec des personnes travaillant dans le même domaine d’activité ou partageant la même passion, etc… Ces groupes proposent des offres d’emploi d’où l’intérêt d’y participer activement pour assurer sa visibilité et asseoir sa crédibilité. 

« Les entreprises ne sont plus les seules à soigner et entretenir leur image de marque : les candidats attachent désormais une importance toute particulière à l'image qu'ils véhiculent sur ces réseaux sociaux pour s'assurer d'attirer les employeurs. Il est à noter que les utilisateurs assidus de ces réseaux bénéficient et entretiennent un bon carnet d'adresses propices à la cooptation. » (Source : JDN)

 

III.             L’entretien d’embauche

Une fois que l’on a attiré l’œil du recruteur grâce à son C.V ou à un contact de son réseau, l’étape décisive est celle de l’entretien. Pour mener à bien cette étape souvent considérée comme une épreuve, il est important de se préparer. De nombreux articles et guides sont disponibles sur le net.

L’APEC se différencie de nouveau en proposant « NOVAPEC », un service destiné aux jeunes diplômés qui proposent articles, tutoriels et vidéos avant/après pour les aider à se préparer.

Le site Météojobs, site d’offres d’emploi, en partenariat avec entretien d’embauche.com, proposent un coaching personnalisé selon votre situation (employé, jeune diplômé, cadre, etc). Pour moins de 10 euros, vous avez accès à des questions et à des conseils qui vous aideront à constituer un mémo complet permettant de déjouer les pièges et questions difficiles : rémunération souhaitée, pourquoi avez-vous quitté votre précédent emploi, pourquoi avoir choisi notre entreprise, etc.

La question « pourquoi avez-vous quitté votre entreprise » est particulièrement sensible et est représentative, à mes yeux, d’un fossé générationnel. La nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail, la génération « Y » qui regroupe les 15-35 ans, est une génération surdiplômée, confiante en ses capacités, en ses compétences informatiques et relationnelles, une génération qui aime la vitesse, qui accorde une grande place à la reconnaissance du travail, aux possibilités de promotion et d’évolution au sein des entreprises. Or, les recruteurs, éprouvent des difficultés à dialoguer avec cette génération. Pour les responsables RH, recruter est synonyme d’investissement et un jeune diplômé qui cherche à acquérir des compétences en multipliant les expériences est symbole d’instabilité et de fragilité. Pourtant peu d’entreprises, à l’exception des grands groupes, s’interrogent sur les procédures à mettre en œuvre pour permettre au jeune diplômé d’évoluer au sein de l’entreprise… A quand une formation des DRH sur la question « comment recruter, fidéliser et manager la génération Y » ?